Confiture de pêches au miel – Nicole
La pêche de vigne n’est pas une pêche ordinaire. Petite, à chair rouge sang, elle mûrit tard — fin août, début septembre — et elle est increvablement rustique : c’est pour ça qu’on la plantait en bout de rang dans les vignes, où elle servait aussi de sentinelle contre l’oïdium, qu’elle attrapait avant la vigne. Elle a presque disparu des étals parce qu’elle voyage mal.
Elle est élaborée en petites fournées à Châtenois, à cinq minutes de la boutique, par Nicole et sa fille Sophie, au chaudron de cuivre. Le miel remplace ici une partie du sucre : il apporte une rondeur florale que le sucre blanc ne donne pas, et il colore légèrement la confiture.
Origine, savoir-faire et profil gustatif
Le travail est ingrat : la pêche de vigne s’épluche mal, sa chair adhère au noyau, et elle noircit vite une fois ouverte. Il faut aller vite entre le dénoyautage et la casserole. La cuisson, elle, reste courte — c’est ce qui permet de garder cette couleur rouge caractéristique au lieu d’un brun terne.
Au nez, la pêche blanche et jaune, avec la note florale du miel par-dessus. En bouche, l’acidité de la pêche de vigne est plus marquée que celle d’une pêche de table, et c’est tant mieux : elle tient tête au miel au lieu de se laisser sucrer.
Usages et accords gourmands
Sur du pain grillé, une brioche, des crêpes, un fromage blanc. Elle garnit très bien une tarte, un gâteau roulé, ou un yaourt nature. Tiédie, elle nappe une glace vanille ou des pêches fraîches pochées — la même chose amplifiée.
En salé-sucré : avec un foie gras mi-cuit, un magret de canard, une volaille rôtie. Sur un plateau de fromages, elle va sur un chèvre frais ou une tomme jeune. Une fois le pot ouvert, au réfrigérateur, à consommer sous trois semaines.
On le range à la boutique avec notre rayon de confitures, que nous faisons goûter chaque semaine à la boutique de Sélestat.
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