
Mannele : Le Petit Bonhomme en Brioche Que Les Enfants (et les Grands) Réclament au 6 Décembre
Chez nous, le 6 décembre, il y a une odeur de brioche qui monte dans toute la maison avant même que les enfants ne soient réveillés. Le mannele — ou mannala, selon le village — c’est ce petit bonhomme en pâte briochée qu’on façonne à la main, avec deux billes de sucre ou de chocolat en guise d’yeux, pour la Saint-Nicolas. En Alsace, cette fête a une tout autre dimension qu’ailleurs en France : Saint-Nicolas passe vraiment dans les écoles, et le mannele l’accompagne partout.
Une tradition qu’on fabrique de ses mains, littéralement
Ce que j’aime dans le mannele, c’est que ce n’est pas juste une recette, c’est une activité. On façonne chaque petit bonhomme un par un, on lui donne des bras, des jambes, une bouille personnalisée. Les enfants adorent (et chipotent sur la forme du ventre de leur bonhomme, en général).
La recette pour 8 petits bonshommes
Il vous faut : 500g de farine, 10g de sel, 60g de sucre, 20g de levure de boulanger fraîche, 20cl de lait tiède, 2 œufs (un pour la pâte, un pour la dorure), 80g de beurre mou, pépites de chocolat ou raisins secs pour les yeux, sucre en grains pour la finition.
La pâte : émiettez la levure dans le lait tiède, laissez reposer 10 minutes. Mélangez farine, sel et sucre dans un grand saladier. Ajoutez le lait-levure et un œuf, pétrissez 8 à 10 minutes. Incorporez le beurre mou petit à petit jusqu’à obtenir une pâte lisse et élastique, presque agréable à malaxer (avouez que ça détend). Couvrez, laissez lever 1h30, jusqu’à ce qu’elle double de volume.
Le façonnage, la partie la plus fun : dégazez la pâte, divisez-la en 8 pâtons égaux. Roulez chaque pâton pour former une boule pour la tête et un corps allongé, puis avec des ciseaux, entaillez pour créer bras et jambes — c’est là que chacun peut personnaliser son bonhomme, plus ou moins potelé, plus ou moins baraqué. Disposez sur une plaque, bien espacés, et laissez lever encore 30 à 45 minutes.
Four à 180°C. Dorez chaque mannele à l’œuf battu, placez deux pépites de chocolat pour les yeux, un bouton sur le ventre, saupoudrez de sucre en grains sur la tête. Enfournez 12 à 15 minutes, jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés et fiers d’eux.
Pour prolonger la fête : servez-les avec nos bredele traditionnels ou une confiture artisanale de notre épicerie sucrée — la petite armée de mannele autour du plateau fait toujours son petit effet.
Mon conseil de maman-épicière : dégustez-les tièdes, à peine sortis du four, avec un chocolat chaud. Ils se gardent bien deux à trois jours dans une boîte hermétique, mais je vous préviens, ils ne survivent jamais aussi longtemps chez nous.
Pourquoi le mannele n’existe (presque) qu’en Alsace
Le culte de Saint-Nicolas est resté beaucoup plus vivace en Alsace et dans les régions du nord et de l’est de l’Europe qu’ailleurs en France, une particularité liée à notre histoire et à nos influences germaniques — cet article retrace bien les origines de la fête et son lien avec l’évêque Nicolas de Myre. Le mannele s’est construit autour de cette figure généreuse qui récompense les enfants sages : dans les écoles alsaciennes, il n’est pas rare qu’un « Saint-Nicolas » costumé passe encore distribuer mannele et pain d’épices aux classes le matin du 6 décembre.
Cette petite brioche a quelque chose de profondément rassurant : elle ne change presque jamais de forme ni de recette d’une génération à l’autre, contrairement à tant d’autres traditions culinaires qui se réinventent. Le mannele reste le mannele, simple et immuable, et c’est peut-être bien pour ça qu’on l’aime autant.
Avertissement : Les informations de cet article sont données à titre informatif et s’appuient sur des traditions culinaires référencées. Elles ne remplacent pas un avis médical ou nutritionnel personnalisé. En cas d’allergie ou régime spécifique, consultez un professionnel de santé avant consommation.